Le projet « inception »-2

Ce billet est la partie 1 sur 12 de la série projet "inception"

Voilà, on y est! La deuxième partie du projet « inception »! Je voudrais encore remercier Yves pour ses relectures, mais je voudrais également rajouter une ou deux petites choses. Comme je l’ai dit sur divers réseaux sociaux, le héros, Chris, est largement inspiré de ma petite personne; que ce soit aux niveaux des pensées, mais aussi de certains lieux. Je voulais rendre ce personnage le plus authentique possible, et donc cette histoire regorge de beaucoup de bouts de « moi ». On verra où tout cela nous mènera! Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture! (et pour ceux qui préfèrent: les liens vers Wattpad et Scribay)

Deuxième partie: Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

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Tout a basculé ce jour-là. Ma vision de la vie. Ces attentats aux Etats-Unis. J’étais dans un bus lorsque j’ai appris ce qui se passait à New-York. Le chauffeur avait mis la radio, pour que tout le monde puisse écouter ce qui se passait. Personne ne pipait mot, la stupéfaction se lisait sur le visage de tous les voyageurs. J’étais effaré. A peine rentré chez moi, je me jetais sur la téloche pour regarder les nouvelles. J’ai visionné ces images, ces avions en train de s’écraser sur les tours jumelles, encore et encore, pendant des heures. La télévision n’aidait pas, elle repassait toutes ces images de souffrance en boucle, comme pour bien imprégner la terreur dans le coeur de ceux qui avaient leurs yeux rivés sur le petit écran. Au fond de mon être, je pleurais. Cela ne pouvait pas être vrai. Comment cette nation hyper puissante, avec ses services secrets ultra performants avait-elle pu laisser une telle chose se produire? C’était tout simplement horrible, on voyait tous ces humains en train de souffrir, de hurler toutes les larmes de leur corps en fuyant l’effondrement du WTC. Mais, au fur et à mesure que le temps passait, que les réponses à cet acte ignoble se firent de plus en plus insistantes, j’ai commencé à tout remettre en question. Lorsque je voyais toutes les lois en train de passer, ce fameux patriot act, puis les bombardements sur les populations afghanes, je me suis mis à douter de la version officielle.

J’ai commencé à ouvrir les yeux. Je me rendais compte que le monde ne tournait pas rond. J’entendais les voix de détresse, qui se faisaient de plus en plus fortes. Elles devenaient de plus en plus nombreuses, devenaient un maelström continu dans ma tête. La haine, la suspicion de l’autre montaient crescendo. Je voyais ces enfants mourir de faim, dans les pays d’Afrique. Voir l’opulence dans laquelle on vivait en occident, avec tous nos gaspillages, me répugnait. Je voyais ces femmes torturées parce qu’elles avaient simplement voulu être elle-mêmes. Toutes ces images, ces souffrances s’immisçaient en moi. Cela en devenait invivable, la douleur de ces êtres emplissaient tout mon être, telles des lames de poignards qui se plantaient encore et encore dans mon corps. J’avais comme des serpents qui enserraient mon coeur, m’étouffaient et m’empêchaient de respirer. La douleur était immense, et pendant des jours et des nuits, j’ai pleuré. Pleuré sur ce monde qui allait de mal en pis, pleuré sur toute cette merde que l’on subissait.

Je me rendais compte que toute cette misère servait une infime partie de la population. Non pas que je croie aux théories de la conspiration, peut-être que certaines sont vraies, mais constamment je me pose cette question: A qui profite le crime? Force est de constater que ce n’est pas aux petits copains de celui qui s’est fait sauter sur la place publique, mais bien aux gouvernants. J’avais lu d’ailleurs quelque part que toute la clique à Bush s’était enthousiasmée du 11 septembre. Parce que cela leur donnerait les coudées franches pour faire ce qu’ils voulaient, mettre la population mondiale sous surveillance, avec tous leurs programmes sécuritaires. Qu’ils pourraient relancer leur économie guerrière. Et regardez, à chaque fois qu’un mec désespéré se fait sauter dans un bus, systématiquement de nouveaux conflits naissent et les rancoeurs augmentent inlassablement. Et à chaque fois, les populations, déjà victimes, trinquent des actions de leur gouvernants. On leur passe des lois liberticides, pour leur propre sécurité. Pourtant, si on supprimait les inégalités, si on donnait des livres, qu’on donnerait de quoi réfléchir, ne pensez-vous pas, comme moi, que le monde irait bien mieux, et que la raison l’emporterait sur la colère?

Des nuits et des nuits, j’ai réfléchi à toutes ces questions. Je regardais les mensonges qui passaient dans les médias. Ils étaient tellement gros, pleins d’incohérences, et pleins d’experts en tout genre, démontaient toutes ces théories fumeuses sur le net ou des médias indépendants. Mais je regardais mon entourage. J’étais sidéré par leur ignorance. Personne ne semblait vouloir réfléchir. Pour eux, si la télévision affirmait quelque chose, cela ne pouvait être que vrai. Pas de réflexion, pas de remise en question. Et plus le temps passait, plus je voyais mes compatriotes sombrer dans la haine et la suspicion, matraqué par des discours qui jetaient l’opprobre sur un ennemi lointain. On gavait la population de peur. On jetait constamment le blâme sur l’autre, on stigmatisait. Les Belges en venaient eux-mêmes à vouloir des lois qui restreignaient leur liberté pour contrer cette menace invisible et insidieuse. Je voyais dans la plupart des pays d’Europe des partis de droite dure qui reprenaient des forces, galvanisés par cette peur de l’autre, et qui exploitaient habilement la colère des gens.

J’ai tenté d’avertir tout le monde au début. Je passais des liens, qui démontaient toutes les informations. J’avertissais des catastrophes imminentes. Personne ne semblait vouloir m’écouter. J’avais beau montrer que ce que l’on voulait nous faire croire ne tienne pas la route, on me traitait d’illuminé, de théoricien de la conspiration et de parano. J’avais beau faire des analogies avec les événements passés, personne ne semblait s’en soucier. J’étais désespéré. Une nuit, je me suis rappelé une phrase: “sois le changement que tu veux voir dans le monde. Arrête d’attendre que les gens changent d’eux-mêmes. Sois le changement!” Je ne voulais plus d’un monde de merde, comme le dit Habitbol. Je voulais un monde où chacun pourrait y trouver son compte, sa place. Où chacun se respecterait. Si j’avais eu ce don, ce n’était pas pour ça? Je ne dois pas l’avoir reçu par hasard, il doit bien avoir une raison à tout cela!

J’ai donc décidé de faire quelques petits essais. J’ai commencé un soir, avec une de mes proches, pour voir si je pouvais changer le monde autour de moi. Elle critiquait constamment ses voisins, d’une culture différente de la sienne. Ils étaient trop bruyants, ils étaient des parasites qui profitaient de la sécu belge. Bref, tous les amalgames à deux francs. J’avais vu dans les yeux de sa voisine une grande tristesse. Elle avait fui son pays. Sa minorité avait été massacrée, ils s’étaient réfugiés chez nous pour échapper à la barbarie dans son pays. Et ici, elle vivait la même chose. Le mépris des habitants du pays. J’ai été voir mon amie. Je lui ai changé les idées. Je lui ai enlevé sa méfiance, ses préjugés. Je lui ai suggéré que ses voisins étaient en grande souffrance. Je pus voir très vite les résultats. Une nouvelle amitié était née. Mon amie avait été les trouver, pour discuter, pour les connaître. Elle découvrit une nouvelle culture, riche et constata que ces gens était bien plus qu’accueillants, ils étaient généreux, partageaient le peu qu’ils avaient. Mon amie vivait mieux. Sa suspicion enlevée, elle était beaucoup plus sereine. Elle commença à se renseigner sur d’autres cultures, et depuis elle milite contre les expulsions et tous ces “illégaux” qui vivent à la rue. Illégaux. C’est quelque chose qui me fait bondir! Comment peut-on déclarer quelqu’un illégal? Quelqu’un a donc moins le droit que vivre qu’un autre? Je trouve tous ces concepts révoltants, répugnants.

J’étais content de mon expérience. De simples petites idées remplacées dans l’esprit de quelqu’un avait grandement amélioré la vie de deux familles. J’ai continué un peu mes expérimentations. A chaque fois, c’était pareil. Le monde autour de moi changeait petit à petit, en meilleur, en plus beau. Je décidai donc de mettre mon pouvoir à profit. Changer le monde. Parce qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Depuis, c’est devenu mon unique but dans la vie. J’ai commencé à effacer toutes les mauvaises pensées que je rencontrais. Je devais le faire petit à petit, j’avais bien trop peur que cela se remarque, que cela devienne trop flagrant. Mais fort de mes succès, je prenais de plus en plus d’assurance et de plus en plus de risques. Bien sûr, je ne m’approchais pas de politiciens ou autre. C’était un peu difficile. Avec leur garde de sécurité, je ne sais même pas si j’aurais pu. Mais toutes les bêtes pensées pas réfléchies, je les virais. “Les musulmans sont des animaux.” Hop, effacé. “Les juifs sont la cause de la ruine du monde.” Hop, effacé. “Ces gens sont des parasites”, hop effacé. “Bert de Waver est l’homme qu’il faut pour la Belgique”, hop effacé.

Je prenais beaucoup de temps à faire tout cela, rentrant parfois tard à la maison, ce qui bien sûr inquiétait ma petite femme. Mais je ne pouvais pas lui dire. Hormis ce médecin, personne n’était au courant. Ce qui fait que je me sens seul, encore maintenant. Parce que je n’avais personne à qui parler. Quand bien même je l’aurais fait, les images de ces ados qui me fuyaient, se moquaient de moi étaient encore bien vivaces dans ma tête. J’avais peur de la réaction de mon entourage, même de ma femme. Je n’ai jamais su lui dire. Lorsqu’elle l’apprit, sa réaction fut terrible, mais j’y reviendrai plus tard, si j’ai le temps, s’ils ne me rattrapent pas avant. J’ai joué à ce petit jeu pendant plusieurs années, changeant le monde autour de moi. Mais un beau jour, tout a foiré.

Ce texte vit grâce à vous. N’hésitez pas à me soutenir, via un Prix Libre, selon votre choix et de le partager autour de vous. Cette histoire, encore en cours de rédaction, est placée sous licence CC BY-NC-SA.

Image de Eric sous licence CC BY-NC-SA

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5 Commentaires

  1. on a attend la suite, puisqu’on nous a mis en haleine……

  2. J’ai dévoré ! Vivement la suite 🙂

  3. Très bon ! 🙂

    • Merci! La suite a pris un peu de retard. C’est bien rédigé, mais ça ne me plait pas encore assez pour publier. Ca ne devrait tarder!

Les commentaires sont clos.