Du casse-tête administratif pour l’écrivain en herbe

Je vous ai parlé, ces derniers temps, d’une bonne partie de mes projets. Certains ne sont pas encore publics, car j’ai encore besoin de travailler certaines idées et concepts. Mais pour pouvoir m’y consacrer correctement, à toutes ces idées qui n’arrêtent pas de venir faire coucou dans ma petite caboche, il n’y a pas 36 solutions : il faut que je quitte ma situation actuelle, à savoir être au chômage. Alors je me renseigne, enfin, j’essaie de me renseigner, parce qu’en Belgique, eh bien on se retrouve rapidement confronté à un mur.

casse-tête

J’ai des tas d’idées et de projets. Mais plus je creuse le sujet sur la faisabilité et la mise en place de ceux-ci, plus les questions s’amoncellent et s’ ajoutent aux précédentes. Parce qu’en plus, mes idées, pour la rétribution, que ce soit grâce à du financement participatif, à des dons, et un prix libre, ça sort du lot, du cadre fixé par la loi, et des « systèmes économiques classiques » si appréciés en Belgique.

Les premières questions, je les ai posées il y a de cela un peu plus de deux mois, en demandant à divers organismes si je pouvais lancer un financement participatif (pour un livre, mais je n’en dis pas plus ici), tout en étant au chômage, et que si l’objectif financier était atteint, que je puisse quitter le système du chômage belge. Que ce soit ma caisse d’allocations, le FOREM (aide à la recherche d’emploi) ou l’ONEM (organisme belge gérant le chômage, ressemblant de plus en en plus à une machine de répression et d’exclusion), personne n’a pu me donner la moindre réponse. Mais je n’ai pas désespéré, et j’ai continué à chercher.

J’ai contacté Tipeee, suite à la lecture de leur page sur les questions juridiques et fiscales, parce que j’aime leur principe et que je souhaite l’utiliser. Mais sur ces questions, l’argent récolté par ce système participatif étant considéré comme revenu en France, j’ai demandé comment cela se passerait pour mon cas, moi qui vis en Belgique. Chez Tipeee, eux aussi, ne savaient pas me répondre.

Et pour les livres, en tant qu’écrivain, comment ça se passe ? Si on regarde toutes les informations que j’ai pu avoir au niveau fiscal belge, toutes les explications se font sur base de royalties et de droits d’auteur. L’auto-publication ne semble pas être considérée, ni envisagée. Comme je veux utiliser un système me passant de maisons d’éditions, je vendrais moi-même mes livres, personnellement ou via mon prestataire de service (qui s’occupe du référencement, stockage, et envoi), comment cela se passe dans ce cas ? Comment déclarer les revenus liés aux ventes de mes livres ? Dois-je devenir indépendant uniquement pour devoir écrire ? Tout semble être fait pour rester dans ces mécanismes classiques où il faut trouver une maison d’édition qui se prendra la plus grande part du gâteau.

Chaque fois que j’arrive à tomber sur une information, elle soulève plus de questions que de réponses. C’est frustrant, il ne semble y avoir aucun cadre légal. J’ai envoyé un mail à un contact travaillant à la SMART (un organisme belge qui aide les activités artistiques) ce matin pour voir s’ils pourraient m’aider à trouver des réponses. Et comment pouvoir combiner tous ces systèmes (crowdfunding classique, tipeee, auto-édition, les systèmes tels que flattr, donation,…) J’ai tellement envie d’écrire, de pouvoir m’y consacrer pleinement. Mais face à ce mur, à cette lourdeur administrative, je me retrouve coincé et empêtré dans ces recherches.

Peut-être que je m’y prends mal pour ces dernières, mais face au silence et à l’absence de cadre par les administrations belges, je ne sais pas vers qui ou quoi me tourner. On me conseille de voir un juriste-fiscaliste spécialisé dans les domaines de l’artistique et du numérique. Alors oui, je veux bien le faire, mais ça coûte du fric, et je n’en ai pas.

Messieurs les politiciens belges, vous ne feriez pas mieux de prendre en compte ces nouveaux systèmes, de simplifier toute cette lourdeur administrative bien propre à la Belgique ? Parce que je ne veux qu’une chose : écrire, et ne me consacrer qu’à cela. Pouvoir virer cette épée de Damoclès appelée ONEM au-dessus de ma tête. Et malgré toutes ces tracasseries administratives, je ne me découragerai pas. Parce que c’est mon but, ce à quoi je veux arriver. Et chers lecteurs, si vous avez la moindre idée où je peux trouver des renseignements, si vous avez le moindre tuyau, conseil, je suis preneur. Et je vous en remercie par avance.

Pour pouvoir continuer à écrire, j’ai besoin de votre soutien. Découvrez comment me soutenir selon votre choix!

Image de Lounge! sous licence CC BY-NC

Partager ce billet:Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInShare on TumblrPin on PinterestFlattr the author

5 Commentaires

  1. Il n’y a pas une sorte de syndicat des auteurs en Belgique, autre que ce « SMART » qui a l’air de ne l’être que moyennement?

    • La smart ce n’est pas un syndicat. C’est plus un système qui va facturer à ta place, si tu es artistes, pour garder tes droits au chômage. Et visiblement, en Belgique, la personne qui écrit n’a pas le statut « artiste ». Si tu veux ça en discute pas mal sur mon fil FB de ce statut, mais ça reste en ce moment calqué sur un système classique droit d’auteur-édition. Et donc si je veux offrir un format papier à mes nouvelles et autres, visiblement, je n’aurai pas le choix d’autre que passer par un statut de travailleur indépendant.

  2. Je me suis renseigné aussi, et de fait, non, rien, nada, que dalle, que pouic !
    Pour pouvoir en « vivre », il faut être assimilé à « salarié ». Pour cela, il faut être connu et tirer à plusieurs milliers d’exemplaires. Mais on ne travaille pas à la commande en Europe.
    Pour le Royalties, effectivement, on ne touche que des droits d’auteur. Le reste, c’est pour l’éditeur.
    Un ami, qui est écrivain, m’a bien donné quelques ficelles, mais lui aussi a galéré. Il a dû créer sa propre « maison d’édition » à compte d’auteur, où il était seul, a avancé l’argent pour els impressions et la distribution. Et au final, il ne touche, aussi, que ses droits d’auteur.
    Aucun organisme pour le fond participatif. En fait, « plus », parce qu’il en existait un, en France, qui s’est fait ratiboiser par els grandes maisons d’édition.
    Bref, impasse directe.
    Indépendant, comme « auteur », à part scénariste, ça ne semble pas fonctionner non plus … :/
    Oui, je sais, c’est moche …

    • Bonjour Damien,

      Je dois dire que je regarde ta page facebook avec intérêt, tout comme la sortie de Kludde. Pour ma part, je vais tester avec In Libro Veritas, qui se rapproche un peu plus de ma philosophie. Et donc oui, selon tous mes renseignements, il faudrait que je prenne un statut d’indépendant. Enfin, on verra bien, ce n’est pas la première priorité, c’est plus de voir comment faire tourner tipeee et consort. Et quand je vois comment les gens galèrent aussi pour avoir des fonds par là… Mais bon je veux essayer 😉

      • Oui, oui, je comprends. Je n’ai pas eu ce courage, il faut bien l’admettre …
        En revanche, je ne comprends toujours pas pourquoi un écrivain n’est pas considéré comme un « artiste » … Peur d’avoir trop de gens se déclarant « écrivain » pour ne pas travailler, je suppose… Ou un truc du genre.
        Mais vas-y, fonce. Je souhaite sincèrement que ça marche.

Les commentaires sont clos.