L’affaire Thomas J – 11

Ce billet est la partie 11 sur 32 de la série L'affaire Thomas J.

reptilianeye

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Là, dans cette lande désolée de Géorgie, et en pleine course, lls se retournèrent tous à l’émission de cette voix salutaire. Une ombre dans le bosquet leur faisait signe de venir vers elle, et celle-ci reprit de plus belle :

— Si vous souhaitez vivre, dépêchez-vous ! Ils seront là d’une minute à l’autre !

La petite troupe se regarda un bref instant, et se mirent tous à courir vers cet être salvateur. Une fois arrivés dans ce petit espace, il reprit :

— Vite, suivez-moi !

Dans ce petit bosquet, ils virent une sorte de monticule de pierres. Celui-ci comportait une sorte d’entrée, qui conduisait dans une espèce de caverne. L’étranger les pressa de rentrer d’un regard insistant, et après un regard suspect, ils se rendirent bien compte que c’était leur seule porte de sortie, les lumières et bruits de rotors se rapprochaient. Ils décidèrent donc de rentrer.

De nouveau, ce petit espace annonçait une trappe, une descente dans un tunnel. Mais contrairement à ce qu’ils avaient vu auparavant, celui-ci était beaucoup plus bardé de technologie. Une fois tous engouffrés, leur sauveur appuya sur un bouton et une porte se ferma automatiquement. Une lumière bleutée apparut du plafond et illumina toute la pièce. Ils n’avaient encore jamais vu de telles technologies, qui semblaient bien plus avancée que celles fournies par les corporations.

— Par ici.

L’étranger commença à descendre un petit escalier, et tous le suivirent. Genghis, relativement méfiant, gardait un flingue à portée de main, paré à n’importe quelle éventualité. Ils débouchèrent rapidement dans une petite pièce qui ne manquait pas de commodités : un lit, quelques meubles et des ustensiles pour préparer de quoi se sustenter. Un immense miroir trônait sur le mur du fond, tellement grand que même Genghis pouvait s’y contempler entièrement.

L’homme en face d’eux n’était plus tout jeune, il devait avoir la soixantaine. Habillé de manière assez simple, sans luxe apparent. Mais ils furent fascinés par ses yeux, d’un bleu si intense, qu’on aurait cru contempler l’océan rien qu’en les regardant. Mais rapidement, Genghis sortit son arme, et la pointa directement sur la personne qui venait de les sortir de là. On voyait bien que la peur l’avait étreint, son arme tremblait dans ses mains. Il avait en fait remarqué une étrange bague à un de ses doigts, qui avait l’apparence de l’œil de la créature qu’ils venaient de fuir.

— Putain, mec, mais qui t’es toi ? C’est quoi ce truc que t’as sur la main ?

— Calmez-vous, monsieur. Je ne vous veux aucun mal. Je vous aurais laissé vous faire prendre, cela aurait été amplement suffisant pour vous nuire ou vous laissez mourir. Désolé, cette pièce est un peu spartiate, mais prenez une couverture et asseyez-vous.

Il se dirigea vers une armoire et tendit une couverture à chacun. Ils disposèrent par terre et s’assirent dessus. L’homme, quant à lui, s’assit sur ce qui lui faisait office de lit.

— J’ai donc vu juste, c’est bien vous qui avez éveillé la créature qui sommeillait non loin d’ici. S’aventurer dans ces couloirs n’était pas très malin, vous savez. Elle aurait pu vous réduire en char-pille sans aucun problème. Vous avez eu de la chance. Alors, pour répondre à votre question, cette bague, me permet de détecter l’activité de telles créatures dans cette dimension ou cette réalité, selon le nom que vous lui donnez. Mais reposez-vous, vous devez être exténués.

Il était vrai qu’ils ressentaient une énorme fatigue, l’adrénaline suite à tous leurs déboires était en train de chuter, et ils en subissaient le contrecoup. Bizarrement, ils se sentaient en confiance avec cet être étrange, ils ne lutèrent donc pas contre ces mots et ne se firent pas prier. Ils s’endormirent tous assez rapidement, à l’exception de Genghis qui somnolait, toujours à l’affût du moindre danger.

Lorsqu’ils se réveillèrent, l’homme était toujours là, à les attendre. Il était assis en position du lotus et semblait quelque peu méditer, et il s’arrêta lorsque tout le monde sortit des bras de Morphée.

— Hé bien, vous en aviez bien besoin de ce repos ! Vous avez dormi près de deux jours ! Oui, nous sommes bien le 15 novembre 2042.

— Attendez… Vous avez bien dit le 15 novembre ?

— Oui oui. Regardez par vous-même si vous ne me croyez pas.

Il montra un écran tactile sur la table qui faisait office de bureau et de table à manger. Il était connecté au réseau et les nouvelles du jour indiquaient bien cette date-là. Ils n’en revenaient pas. Ils s’étaient engouffré dans ces tunnels il y a de cela quinze jours ! Pourtant, cela ne leur avait paru que quelques heures.

— C’est tout bonnement pas possible, vous devez nous jouer un tour !

Genghis semblait furieux envers cette personne et repointait de nouveau son arme sur elle. Mais, cette fois encore, il doutait, avait peur et sa main tremblait tellement que tout le monde le remarquait.

— Avant de continuer, veuillez pardonner mon impolitesse. Je me nomme Bekter. Et d’après vos marmonnements dans vos songes, vous devez être Thomas, Orbo, Genghis et Aria. Ne vous inquiétez pas, je vous l’ai dit, je ne vous veux aucun mal, sinon je vous aurai laissé dehors.

Malgré la tension, l’arme pointée vers lui, l’homme ne paniquait pas. Il respirait le calme absolu. Sa voix était douce, aucun mot n’était élevé plus haut qu’un autre. Il regarda Genghis droit dans les yeux. Ceux-ci dégageaient une telle gentillesse, une compassion si grande que notre grand gaillard en fut profondément ébranlé. Il déposa doucement son arme par terre et se calma aussi sec.

— Bon, je crois qu’on peut discuter sereinement maintenant. Je ne peux vous en dire beaucoup sur moi, sur ce que je suis, car nous désirons garder un certain anonymat, mais je peux quand-même répondre à certains de vos questions. Pour le reste, vous devrez le découvrir par vous-même, car découvrir les règles de l’univers est un véritable voyage initiatique, que vous devez faire par vous-même.

— Je comprends rien à ce que tu dis mec, moi ce qui me perturbe c’est qu’on semble avoir fait un furieux bon dans le temps.

Aria l’interrompit.

— Laisse Genghis. Laisse parler ce Monsieur qui semble être plein de sagesse. Mais oui, si vous commenciez par répondre à cette interrogation ? Cela nous laisse tous un peu perplexe.

L’homme reprit.

– Merci Aria. Nous allons donc commencer, et je répondrai à vos questions.

Orbo en avait une qui le titillait, surtout avant de se lancer dans de long discours, qui pourraient encore les clouer un petit moment dans cette cachette.

– L’écran tactile, vous me dites qu’il est connecté au réseau. Cela me fait un peu peur, car tout appareil connecté dessus est détectable par INDECT2. Qui me dit que vous n’êtes pas complice des personnes qui ont essayé de nous attraper, pour nous jouer un tour ?

– Je vous l’ai dit, si je voulais réellement vous causer du tort, ce serait déjà fait depuis bien longtemps. Oui, cet appareil est connecté au réseau de l’Empire, mais nos technologues ont créé une technologie pour permettre de brouiller les signaux. Pour INDECT2, nous ne sommes qu’un simple Quidam qui vit dans une ville non loin d’ici. Nous nous cachons derrière son terminal, et nous avons d’autres techniques pour brouiller les pistes et consulter ce que nous avons besoin dans le système. Mais je pense que parler technologie n’est pas opportun en ce moment, mais si l’occasion se présente, je serai ravi de vous faire une démonstration. D’après ce que j’ai vu vous êtes un bio-hacker, et avez la capacité de parcourir mentalement n’importe quel système informatique ou électronique.

Orbo semblait rassuré par la réponse de Bekter, et s’assit. Tout le monde semblait maintenant plus calme et ouvert à la conversation. L’étranger reprit donc.

-Bien. Nous allons commencer par un furieux bon dans le temps…

Cette histoire est la onzième partie de L’affaire Thomas J, petite nouvelle dans l’univers 2042. Ce blog est à prix libre, car pour pouvoir continuer à écrire, j’ai besoin de votre soutien. Découvrez comment me soutenir selon votre choix!

Image de Thomas Guignard sous licence CC BY-NC-SA

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