Opération Bombe Humaine – 25

Ce billet est la partie 24 sur 32 de la série L'affaire Thomas J.

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– La délégation russe est annoncée. Ils devraient être en ville dans une heure.

Ishtar se tourna vers Hector qui venait de lui annoncer la nouvelle. Il était là, à attendre avec Aria, que Thomas se réveille. Ils étaient tous les deux derrière une vitre, scrutant le moindre mouvement du patient dans la salle de réveil. Le Doc venait tout juste de leur faire un debriefing de l’opération. Thomas allait s’en sortir, il n’aurait aucune séquelle. Ses assistants étaient en train de nettoyer « le parasite », afin qu’Orbo ou autre hacker de génie puisse l’étudier. Ishtar sembla satisfa.

– Bien. J’espère que tout est prêt pour les accueillir. Vous avez fait préparer la section pour les invités ?

– Oui Monsieur. Tout est en ordre, je viens d’aller vérifier. Cependant, je dois vous prévenir. Vu l’importance des données extraites, le représentant de la délégation n’est autre que le premier conseiller du président. Il est accompagné d’une trentaine de gardes du corps ou soldat d’élites.

– C’est compréhensible, faites tout ce qui est nécessaire pour qu’ils soient bien accueillis.

Hector ne peut s’empêcher de demander

– Et lui, comment va-t-il ?

– Il est encore dans les vapes. Mais selon le toubib, tout est en ordre. Il ne devrait pas poser de problèmes durant la réunion. S’il s’est remis d’ici là.

– Je l’espère. Je n’ai pas envie d’avoir une alerte comme nous avons subi hier. Avec les invités qui arrivent, ce serait une catastrophe. Surtout avec ces espèces de troupes d’élites. Je dois dire que je ne suis pas à l’aise. J’ai même un mauvais pressentiment. Je suis sûr que quelque chose de terrible va arriver. Et mes intuitions ne se trompent presque jamais.

– Ne te fais pas de mourons, Hector. Tout va bien se passer.

Le vieil homme se tourna vers Aria. Tout en lui parlant d’une douce voix, il lui baisa le front. Un peu comme un père à sa fille. C’est vrai, cela faisait des années qu’il s’occupait d’elle. Il la considérait comme sa propre enfant.

– Je vais y aller ma belle. Prends bien soin de notre invité. Appelle-moi lorsqu’il sera réveillé, je viendrai dès que possible. Mais avec les délégations qui arrivent, je risque d’être pas mal occupé.

Aria hocha la tête, en guise d’approbation, sans émettre le moindre son. Elle se retourna directement vers la vitre, et continua à scruter le moindre signe du réveil de Thomas.

***

Le Doc ne pouvait s’empêcher de regarder cet implant. Il était à la fois fasciné et pris d’une certaine répulsion. Il ressemblait à un petit vers de terre en train d’agoniser. Une partie de son corps était déchirée, comme si un organe avait explosé. Tout en continuant à l’observer, il appela un de ses assistants.

– Faites venir Orbo. Je vais avoir besoin de lui.

Il prit délicatement le ver, le passa sous une sorte de grande loupe. Très vite, il se concentra sur la partie blessée. Son hypothèse semblait se confirmer : il constatait des micros blessures sur la chair interne. Il vit des petits bouts de matière ressemblant à du plastique qui s’étaient introduits dans les muscles et organes périphériques. Un objet plus gros, qui devait être cette fameuse pièce était encore coincée dans ce petit corps.

– Apportez-moi des pinces chirurgicales. Les plus petites que vous trouvez. Ainsi qu’un scalpel.

Une infirmière, accompagnée d’Orbo, apporta les ustensiles demandés.

– Tu as demandé à me voir, Doc ?

– Oui, regarde ça.

Orbo se pencha pour regarder attentivement la masse organique. Il fut vite interloqué.

– Ou est-ce que vous avez trouvé ça ?

– Dans le lobe temporal gauche de Thomas. Il semblait encore vivant il y a quelques minutes. Il y a quelque chose dans ce corps.

Orbo se pencha à nouveau, et cette fois il ne détacha plus son regard.

– Ca ressemble à une micro carte électronique. Est-ce qu’on peut l’enlever, que je puisse mieux regarder ?

– Bien sûr, je t’attendais justement pour le faire.

Orbo laissa la place au Doc qui commença directement l’extraction. Quelques gouttes d’un liquide verdâtre sortit du corps une fois que le scalpel pénétra la chair, avec un petit bruit de succion, peu audible, mais désagréable à leur oreille. Il commença l’incision pour l’extraction cet étrange objet. Une fois cette petite pièce entièrement dégagée, ils se dirigèrent vers le microscope du labo. Orbo n’en croyait pas ses yeux.

– Incroyable ! C’est bel et bien une carte électronique, mais miniature et d’un matériau que je ne connais pas le moins du monde. Même les composants semblent être faits d’une matière similaire. Pas étonnant, qu’avec nos détecteurs, nous n’ayons rien vu !

Sous l’œil attentif et curieux du Doc, Orbo continua d’inspecter l’objet. Il zooma sur certaines parties de la puce pour se faire une idée complète du fonctionnement de la pièce en question. Après quelques minutes, il commença à tirer ses conclusions.

– D’après mes observations, cela ressemble à une puce RFID. Le schéma concorde tout à fait. Il ressemble même au schéma d’une des fameuse puces que j’ai pu étudier dernièrement. La 6B. L’arme ultime de la corporation. Je suis certain que c’est à cause de celle-ci que nous avons eu cet incident avec Thomas hier. Si cette puce est indétectable, ça sent très mauvais pour nous ici, mais aussi pour tous les Pays Libres. Je dois en avertir tout de suite le vieux.

***

Ishtar suivait Hector qui hâtait beaucoup trop le pas à son goût. Il observait le responsable de la sécurité. Il ne semblait pas du tout à l’aise. La pression certainement. Cette visite importante, précédée de l’incident avec le jeune Thomas ne devait pas aider. Une sirène retentit dans toute la ville. Une des délégations venait d’arriver.

Ils hâtèrent encore plus le pas, pour accueillir les émissaires de toutes les régions libres du globe. C’était la première fois qu’ils se réunissaient tous ici, à New New-York. Ils préféraient faire cela en zone beaucoup plus éloignée du Nouvel Empire Mondial, pour des raisons évidentes de sécurité, mais ici l’urgence ne leur laissait pas le choix.

– Préparez le protocole de sécurité pour l’accueil. Bien que ce soit nos invités, il ne faut prendre aucun risque. Appelez Genghis, cette armoire à glace calmera le moindre resquilleur à la détection.

En quelques minutes, le hall d’accueil était prêt pour la réception du premier groupe d’invités. Genghis se tenait entre Hector et Ishtar, se demandant bien ce qu’il pouvait faire là. D’habitude, on ne l’appelait pas pour l’accueil d’arrivants, et encore moins si c’était quelqu’un d’important.

La grande porte s’ouvrit. Celle qui donnait directement sur la mer, et non le sas qu’il avait emprunté quelques jours plus tôt avec ses compagnons. Ils étaient une trentaine. La majeure partie armée de mitraillettes, en tenues de combat qui arboraient le vieux drapeau de Russie sur leur poitrine. Ils entouraient un type qui semblait important, habillé d’un costume noir très élégant. Cet homme donna quelques ordres, les soldats rangèrent leurs armes et se mirent en rang. L’homme en costume s’avança vers Ishtar. Il s’adressa à lui, avec un fort accent.

– Bonjour mon ami, c’est un plaisir de vous revoir.

– Bonjour Yuri. Le plaisir est partagé.

Yuri se tourna vers Genghis pour le saluer à son tour. Ils se regardèrent dans les yeux. Une infime fraction de seconde, ceux de l’étranger semblèrent se transformer. Genghis sentit un frisson d’effroi lui parcourir l’échine.

Cette histoire est la vingt-cinquième partie de L’affaire Thomas J, petite nouvelle dans l’univers 2042. Cette histoire et ce blog vivent grâce à vous. Merci de me soutenir, que ce soit avec un Prix Libre, en me soutenant sur Tipeee, et en partageant ce billet autour de vous. Vous pouvez également me suivre sur les réseaux sociaux Twitter, Facebook et Diaspora.

Image de Sima Dimitric sous licence CC-BY

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