L’affaire Thomas J 14

Ce billet est la partie 14 sur 32 de la série L'affaire Thomas J.

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Ils se mirent à fouiller tous les murs, sondant chaque centimètre du mur. Au bout d’un quart d’heure, Orbo trouva une petite fente. Elle avait la taille de la petite pièce donnée par Herter. Aria tenta l’insertion. Un petit vrombissement se fit entendre dans les murs, et l’un de ceux-ci se mit à bouger, faisant place à un petit passage.

Juste derrière lui, un tunnel immense, extrêmement large. Ils pouvaient voir de temps à autre des tubes lumineux, à intervalles réguliers dans celui-ci. Et chaque fois, en-dessous de ces derniers, deux lettres et un nombre : AB-103, AB-104,… Aria, Orbo et Genghis reconnurent tout de suite où ils trouvaient. Ils étaient dans le tube, et pas très loin de l’embranchement vers New-New York, comme ils l’appelaient.

Thomas n’avait jamais parcouru ces tunnels à pied. Ils sillonnaient tout le pays, et même au-delà, en Europe, en passant sous la mer. Chaque métropole disposait de ce système, seul moyen pour se déplacer d’une ville à l’autre pour le citoyen lambda, et si bien sûr, il était autorisé à quitter sa zone de résidence. Les vols civils n’étaient plus autorisés depuis bien longtemps, et de toute façon, le tube allait bien plus vite qu’un avion, reliant les deux côtes américaines en un peu moins de quatre heures, avec une vitesse qui avoisinait les 1200 km/h. Avant qu’ils s’engagent tous dans le réseau de tubes, Aria stoppa net Thomas.

— Fais attention ici. Suis bien nos instructions. De temps à autre, il y a des drones qui parcourent les tunnels, cherchant d’éventuels resquilleurs. Et si tu ne fais pas attention, si un tube passe, c’est la mort assurée. Alors longe bien les parois, et rentre dans les alcoves au moindre bruit ou lumière inhabituelle.

Le temps de parler, un tube passa. Enfin, Thomas supposa que c’était le cas, car il y a juste vu une lumière dans le tunnel une fraction de seconde. Par contre, il n’avait pas entendu de bruit, ces appareils étaient vraiment silencieux. Si seulement ils dépassaient le mur du son, ils pourraient entendre le fameux « bang » hypersonique. Aria fit signe au groupe de s’avancer dans le tunnel.

— Bien, nous sommes sur la ligne qui relie Washington DC. Normalement, c’est un tube toutes les demi-heure. Nous devrions atteindre rapidement l’embranchement vers NY, si nous ne croisons aucune patrouille. Alors, ne traînons pas.

Genghis éteignit sa lampe-torche, s’équipa de lunettes infrarouges et s’engagea en premier dans le tunnel. Il fut suivi par Orbo, Aria ferma la marche, munie du même équipement. Comme cela, ils pouvaient voir de chaque côté et guetter l’arrivée d’un tube ou de ces engins de la mort tant redoutés. Ils gardaient par contre le silence, de peur d’être repérés, alors qu’il n’y avait pas un bruit. S’il n’y avait pas ces petites lumières de temps à autre, personne n’aurait dit qu’il y avait une activité en ces lieux.

Au bout d’un petit quart-d’heure, Genghis s’arrêta, et leva le poing. Ils étaient proches de la vieille jonction abandonnée vers New-York, et c’était à cet endroit qu’ils avaient le plus de chance de rencontrer une patrouille de drones. Ils se mirent tous dans une alcove, non loin de l’embranchement, et Genghis s’avança à pas de loup pour observer. Il revient une minute plus tard, dépité.

— C’est bien notre jour. J’ai compté pas loin de cinq drones. Je crois que c’est un peu fichu.

— Pas nécessairement. Ils vont devoir dégager la voie au passage du prochain tube, cela nous laisse une fenêtre très courte, mais au moins la voie sera libre une ou deux minutes.

— Cela reste dangereux, Aria. On ne sait pas où se planquent ces insectes. S’ils attendent simplement du côté de la voie abandonnée, on est fichu, on se fera canarder comme des lapins.
Aria s’énerva un peu.

— Qu’est-ce que tu proposes d’autres ? De rester ici jusqu’à ce qu’ils détalent ? C’est la seule autre alternative possible ! Perso, je préfère foncer, on a juste à courir un peu puis on sera tranquille ! Les insectes ne s’aventurent pas bien loin de ce côté-là, dans les tunnels !

Thomas pris la parole.

— Donnez-moi une de vos paires d’infra. Je vais aller jeter un coup d’œil. Ne vous inquiétez pas, je n’en profiterai pas pour me faire la malle. Mais je pense que question équipement militaire ou armé, je suis le plus qualifié ici.

Aria éprouva une légère réticence à laisser Thomas partir comme cela. Mais ce n’était pas le cas de Genghis, qui lui tendit directement sa paire de lunettes infrarouges. Une fois celle-ci posée sur sa tête, Thomas se mit en route. Il fut de retour très vite.

— Ce sont des modèles VR-101. Ils ont une autonomie de trois heures. S’ils ne sont pas remplacés d’ici là, ils seront donc partis dans maximum deux heures trente, en comptant large. Je propose qu’on attende ce temps-là, et qu’on avise selon ce qui se passe. J’ai remarqué aussi deux alcôves plus proches, ce qui nous permettrait de garder un œil plus facilement sur la jonction.

Il rendit les lunettes à Genghis, qui était d’accord avec sa proposition. Aria et Orbo étaient plus réticents.

— L’alcôve la plus proche, je trouve que c’est trop dangereux. Si jamais les insectes l’utilisaient comme repli lors du passage d’un tube, nous serions également marron. Par contre, pas d’objection pour l’alcôve entre les deux.

C’était donc décidé. Ils attendirent quelques minutes que le tube passe et se mirent en route vers la seconde alcôve. Genghis en profita pour bien observer les alentours. Il fallut trois minutes pour les drones pour rejoindre l’intersection. Et la remarque d’Aria était bien venue : deux d’entre eux venaient bien de la première alcôve. Une fois bien cachés, Genghis ressortit, en rampant, pour observer l’activité des insectes.

Au passage du tube suivant, les drones ne réapparurent pas. D’ailleurs, les deux que Genghis avait vu s’engouffrer dans l’alcôve proche de leur position, n’étaient pas partis se réfugiés là.

— Je pense que c’est bon. Ils ne sont plus là.

Ils commencèrent une course folle dans ces tunnels, non pas pour éviter un tube, mais bien au cas où les engins de la mort refaisaient surface. Ils arrivèrent très vite à l’intersection. Genghis passa discrètement sa tête, pour voir si le tunnel était inoccupé, et émit un signe de satisfaction. La voie était libre, il ne fallait juste qu’escalader une vieille barrière, comme celle qu’on voyait auparavant pour les travaux, où il était indiqué « No trespassing ». Ce fut chose faite en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, et ils reprirent tous leur course effrénée.

Au bout d’un quart-d’heure, ils stoppèrent leur course. Des débris commençaient à joncher le sol, signe d’une catastrophe passée. Les petites lampes murales, quant à elles, ne fonctionnaient plus du tout, et Genghis reprit sa lampe torche. Par endroit, des morceaux de la voûte s’étaient affaissées, mais visiblement quelqu’un était passé par là pour déblayer et laisser un petit passage libre. Au fur et à mesure qu’ils progressaient, l’air devenait de plus en plus humide. Le sol commençait à être trempé, laissant ci et là quelques petites flaques sur le béton fissuré. Le tunnel commença à s’enfoncer un peu plus profondément dans les ténèbres, et les flaques s’étaient transformées en plage. Du lichen était apparent sur certains murs. Aria s’approcha d’une alcôve qui était fermée, verrouillée par une porte qui semblait blindée.

— Marée basse, on va pouvoir s’équiper tranquillement.

Elle ouvrit cette porte et fit signe à Thomas d’entrer. Dans l’alcôve, il y avait tout un tas de matériel entreposé. Genghis et orbo se débarrassèrent de leur barda et s’équipèrent d’un matériel de plongée. Ils donnèrent à Thomas de quoi s’équiper : une sorte de combinaison, un masque, et une petite bonbonne d’oxygène.

— Mon gars, j’espère que tu sais te servir de ça, car la fin du voyage, elle se passera sous l’eau !

Une fois tous prêts, ils reprirent leur descente dans le tunnel. L’eau de l’océan atlantique commençait à remonter. Leurs pieds, puis leurs genoux étaient submergés, pour arriver finalement jusqu’au torse. Et là, ils plongèrent tous dans l’eau glacée, pour continuer leur progression dans le tunnel.

Voilà, le chapitre « Dans les ténèbres » s’arrête là. La semaine prochaine commencera le nouveau chapitre intitulé provisoirement « Révélations à New-New York ». Je posterai en même temps l’epub complet du chapitre 2!

 

Cette histoire est la quatorzième partie de L’affaire Thomas J, petite nouvelle dans l’univers 2042. Ce blog est à prix libre, car pour pouvoir continuer à écrire, j’ai besoin de votre soutien. Découvrez comment me soutenir selon votre choix!

Image de Dave Sutherland sous licence CC BY-NC-SA

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2 Commentaires

  1. Hello ! Bon, ce n’est pas dans mes habitudes de laisser des commentaires sur le net, je suis plutôt du genre discret, moins je laisse de traces et mieux je me porte. Mais il se trouve que je suis abonné au RSS ton antre, et que j’ai lu ton post « L’heure de la remise en question », donc je vais faire un effort ! « Effort », le mot est un peu fort vu ce que ça me coûte, et si ça peut t’encourager à continuer à écrire, c’est volontiers… parce que je suis tombé par hasard sur cette série, que j’ai accroché (d’où l’abonnement) et que j’espère bien en lire la fin, ainsi que les autres histoires en projet ! J’aime bien ce que tu fais, j’ai été très rapidement absorbé par l’ambiance et le scénario de l’affaire Thomas J., et je vois toujours d’un bon œil l’arrivée d’un nouveau billet dans mon lecteur de flux.
    J’ai toutefois un petit reproche : je pense qu’une relecture attentive (peut-être par quelqu’un d’autre que toi si tu es trop « dedans » ?) pourrait améliorer tes écrits, notamment en termes d’orthographe et grammaire. J’aime beaucoup le français, et j’avoue que certaines fautes, maladresses ou lourdeurs gâchent parfois un peu mon plaisir, en me faisant « sortir » de l’histoire… Un bon exemple avec le prêt/près (cf commentaire sur l’épisode 13) : j’ai complètement décroché, le temps de m’imaginer ce que je pourrais bien faire si l’on me prêtait la lune… bref. Je ne vais pas m’étaler plus sur le sujet, tu auras compris que je trouve cela dommage. Le bon côté de la chose, c’est que ça ne me poserait aucun problème si ton travail ne m’intéressait pas, je préfère que ce point là reste la dominante de ce commentaire ! En résumé : merci, bon courage, et continue ! 🙂

    • Plop plop!

      Merci pour ton message! A vrai dire, pour les deux derniers épisodes de Thomas J, je n’ai pas encore posté la relecture (me suis pris un peu tard pour l’envoyer, et donc comme beaucoup de billets ces derniers temps, je poste avec certaines fautes qui échappent encore et toujours à mon petit oeil). Mais sinon oui, lorsque tu es vraiment dans ton texte, à force de lire et relire, tu ne les vois plus.

      Merci pour tes encouragements! 🙂

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