L’affaire Thomas J – 9

Ce billet est la partie 9 sur 32 de la série L'affaire Thomas J.

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Rapidement, un sentiment de terreur, si fort, si dense s’emparèrent de nos compères. Même Thomas n’avait jamais connu une telle peur au fond de lui. Une lumière verdâtre apparut soudainement dans cette immense crypte regorgeant et puant le sang. Aria put regarder rapidement autour d’elle, la salle était parcourue de pilier, dont un que Genghis s’était pris en pleine tête, et de ces derniers émanaient des flammes vertes, sorties de nulle part, et lui faisait penser à des lumières qu’elle définirait de démoniaque ou surnaturelle. Mais ce qui l’effrayait le plus était le pentacle dessiné à même le sol, dont le centre n’était autre que ce caveau, et dont les pointes étaient ces piliers avec ces flammes.

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Ils n’eurent pas le temps de bouger, de prendre leurs jambes à leur cou. La créature, d’un geste vif, saisi Thomas à la gorge, et commença à serrer. La force qu’elle dégageait était telle que Thomas, à peine agrippé, vira à l’écarlate et avait du mal à respirer. Et en même temps, presque comme si elle lévitait, la créature se redressa. Ses yeux, si on pouvait les appeler comme tels, dégageaient une haine et une colère incommensurable. La terreur continuait à s’immiscer en eux, mais personne n’arrivait à bouger le petit doigt, paralysés par cette peur qui les tenaillaient, ou par une quelconque force, personne n’aurait pu le dire.

— Qui êtes vous, misérables humains, pour oser troubler ma retraite ?

Cette voix caverneuse ne sortait pas de la gueule de cette créature. Elle s’immisçait en eux, s’adressait à eux directement dans leur esprit. La force qu’elle dégageait ne faisait qu’augmenter la terreur que ce monstre leur inspirait. Mais personne n’osa répondre. Au bout de quelques secondes qui leur semblait une éternité, elle reprit de plus belle :

— Alors, misérables insectes, répondez, ou votre ami ne sera plus qu’un corps inerte.

Thomas sentait cet étau qui le maintenait à la gorge se resserrer d’avantage. S’il ne faisait rien, il allait mourir, là, par cette espèce d’alien rempli de haine. Il commença à se débattre, à essayer de faire lâcher cette emprise. Il tenta, avec ses doigts, de pénétrer la chair de son assaillant, pour le blesser. Mais cette peau écailleuse semblait aussi solide qu’une armure en titane. Les autres, toujours paralysés par la peur, n’arrivaient pas à bouger le petit doigt, et voyait le visage de leur compagnon virer de l’écarlate au pourpre. Si la situation n’évoluait pas, Thomas ne serait bientôt plus parmi eux.

Thomas commença à se débattre de plus en plus. La douleur augmentait, et avec elle son désespoir, il ne voulait pas terminer son existence comme cela. La colère de ne pouvoir rien faire le submergeait, et celle-ci, telle un brasier, commençait à s’échauffer, à grandir en lui. C’est là que ses compagnons se rendirent compte que la température, dans cette caverne, augmentait de plus en plus. L’air frais devenait brûlant, et tous commençaient à se demander s’ils ne s’étaient pas retrouvé dans une sorte de four géant. Mais le plus mal à l’aise était cette créature, qui semblait ne pas supporter cette chaleur.

Cette fournaise gagnait en intensité en même temps que la colère qui grondait dans le cœur de Thomas. Ils se rendirent compte que le point de chaleur extrême était concentré sur la créature elle-même, et au bout de quelques secondes, la tunique sombre de celle-ci prit feu. Le monstre, pris de panique soudaine, lâcha Thomas, qui, dans sa chute, se cogna le crâne sur le caveau de pierre. Un mince filet de sang commença à s’écouler de son visage. Il voulut se relever mais toute force semblait l’avoir quitté, une fatigue extrême s’était emparée de lui. La créature, quant à elle, hurlait, avec une voix totalement surnaturelle, qui leur faisait penser à des borborygmes. Sa tunique brûlait de plus en plus, et la créature, prise de panique, s’enfonça à toute vitesse dans le couloir qu’ils avaient emprunté.

La terreur qui les tenaillait avaient disparu. Aria s’écria rapidement :

— Vite, on se barre, avant que ce monstre revienne.

Mais Thomas n’arrivait toujours pas à se relever. Cette fatigue extrême l’avait totalement submergé et combinée avec le coup qu’il avait subi dans sa chute, n’arrivait pas à bouger le petit doigt. Genghis le prit sur son épaule, et ils cavalèrent comme des lapins, en prenant le tunnel opposé que celui emprunté par la créature.

Les ténèbres qu’ils avaient affrontées durant toute leur progression s’était dissipée avec la panique subie par cet étrange humanoïde, et ils pouvaient progresser plus vite, les torches fonctionnaient maintenant correctement. Ils courraient encore et encore, tentant de mettre le plus de distance possible entre eux et leur agresseur. Au bout d’un bon quart d’heure, Genghis, à bout de souffle, et portant toujours un Thomas presque inconscient sur ses épaules, demanda à s’arrêter.

Ils firent une petite pause, et Aria pris le temps de regarder Thomas. Il s’était évanoui, submergé par cette fatigue soudaine. Sa blessure au crâne était légère, le sang s’était arrêté de couler. Par contre, il lui était impossible de le réveiller. Ils s’assirent quelques minutes dans ce couloir, reprenant force et souffle. Mais au bout de quelques minutes, ils les réentendirent. Les borborygmes reprenaient de plus belle, mais ils semblaient être plus nombreux, semblaient venir de plusieurs créatures. Ni une ni deux, la peur au ventre, la petite compagnie reprit ses jambes à son cou et cavalèrent de plus belle. Les ténèbres commençaient à de nouveau s’épaissir, ce qui motiva Genghis à courir encore plus vite, pour éviter d’être envahi par ces dernières.

Les bruits se rapprochaient encore, malgré la course effrénée de nos compères. Ils semblaient venir de partout, et des sons similaires semblaient dorénavant venir d’en face également. Par chance, ils tombèrent face à un embranchement, un petit tunnel s’ouvrant vers la droite. Ils décidèrent sans concertation de s’y engouffrer car aucun son n’émanait de cet endroit. Les ténèbres n’y étaient pas présentes, tout comme ces choses verdâtres phosphorescentes. Et rapidement, ils se rendirent compte que le sol était à nouveau bétonné, qu’il était beaucoup plus moderne que ces tunnels semblant sortir d’un autre âge.

— Cela doit être une porte de sortie, allez on se magne !

Tous acquiescèrent aux paroles d’Aria, et avec un regain de motivation, reprirent leur course avec cette force nouvelle. Ils ne mirent pas longtemps avant de voir leur souhait exaucé : une sorte d’échelle métallique, coulée à même le béton s’élevait dans une grande cheminée.

La sortie, l’air libre. Cet espoir de sortir de ces tunnels ténébreux les revigora entièrement. Genghis, en quelques mouvements attacha un Thomas toujours dans les vapes sur son dos à l’aide d’une corde et commença à grimper, suivi d’Aria et Orbo. Néanmoins, ils se rendirent vite compte que l’ascension n’était pas aisée. Cette cheminée était immense et faisait une bonne centaine de mètres. Ils durent par deux fois faire une courte pause, pour soulager leurs bras. Et au bout d’un moment, Genghis eut un sourire éclatant. Il la voyait, cette trappe, cette porte de sortie. Le bout du tunnel, la lumière, la fin des ténèbres. Des forces nouvelles requinquèrent ses bras endoloris et grimpa de plus belle.

La lourde plaque qui maintenait cette trappe n’était pas un problème pour Genghis alors qu’elle l’aurait été pour n’importe qui d’autre. Avec un peu de concentration et sa force mentale, il arriva à la soulever sans problème. Une fois la trappe entrouverte, ils entendirent tous un cri de colère. La ou les créatures qui les suivait était furieuse. Ce cri était tel qu’ils en tremblèrent, accrochés à leurs barreaux de métal, mais l’espoir d’être à l’air libre était plus fort que tout. Dans un ultime mouvement, Genghis se hissa. Il était à l’air libre, il pouvait contempler le ciel et les étoiles. Mais ce qu’il vit aux alentours le rendit bien perplexe.

Cette histoire est la neuvième partie de L’affaire Thomas J, petite nouvelle dans l’univers 2042. Ce blog est à prix libre, car pour pouvoir continuer à écrire, j’ai besoin de votre soutien. Découvrez comment me soutenir selon votre choix!

Image de Lucas Bolle Reddat sous licence CC BY-NC-SA

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