L’affaire Thomas J. -7

Ce billet est la partie 7 sur 32 de la série L'affaire Thomas J.

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Bon désolé pour le retard, mais j’avais vraiment besoin de repos, en ai profité donc pour décrocher un peu du pc cette semaine. Mais voilà, c’est là!

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Ce son strident réveilla toute la petite troupe. En plus de cette alarme, un témoin rouge s’était mis en action sur la console qui permettait le contrôle des drones. En un instant, les trois compères encore endormis furent sur le pied de guerre, parés à toute éventualité. Le mécano plongea sur la console pour voir ce qui se passait.

— Des insectes, une dizaine. Ils tournent autour du bâtiment. On a du être repéré.

A peine ces mots prononcés, une explosion se fit entendre, jusque dans leur abri de fortune. Les caméras de la console se brouillèrent un instant, mais l’homme aux commandes put rapidement voir de quoi il s’agissait : leur véhicule n’était plus, réduit en un mélange de flamme et de fumée. Il continua à piloter un drone manuellement pour inspecter les alentours. Les drones n’étaient pas seuls. Deux gros combis, ressemblant fortement au service de nettoyage qui travaillaient avec Thomas, ainsi qu’une dizaine de personnes armées jusqu’aux dents, s’approchaient du bâtiment. Rapidement, les hommes établirent un périmètre autour de celui-ci.

— On est encerclé leur dit-il.

Aria retint sa respiration quelques secondes, puis expira longuement, comme pour garder son calme. Elle reprit ensuite rapidement le commandement de la troupe, et donna ses ordres.

— Orbo, laisse tomber les commandes des drones, je vais m’en charger. Regarde avec Genghis le mécanisme de cette porte, pour voir si on peut l’ouvrir, car vu la situation, je pense que c’est notre seule porte de sortie. Thulé, remonte à l’étage et essaie de les retarder. Monsieur le soldat d’élite, si vous avez des suggestions…

Elle se dirigea vers Thomas, et commença à lui couper ses liens. Se faisant, elle s’approcha de son oreille et souffla dans celle-ci : « n’oublie pas, je t’ai bien à l’œil. » Ses liens défaits, Thomas se leva d’un bond et s’étira rapidement. Il alla jeter voir ce qui se passait aux consoles et confirma les dires du présumé Orbo. Mais selon lui, cela ne devait être qu’une avant-garde. De plus, ces combis pouvaient contenir également une dizaine de personne supplémentaire chacun. Il avisa rapidement la compagnie de ses conclusions, et continua de regarder ce qu’il pouvait voir via les écrans, afin d’éventuellement trouver une faille dans leur système. Il n’y en avait pas, ils étaient pris comme des rats. Leur seule porte de sortie était effectivement cette immense porte qui semblait ne pas pouvoir s’ouvrir.

Orbo, quant à lui, avait mis ses mains sur cette immense porte, et ferma les yeux. Il semblait extrêmement concentré. Genghis semblait de plus en plus nerveux, et commença à s’impatienter. Un des écrans se brouilla totalement. Un des drones avait été repéré. Il ne leur restait plus qu’un seul moyen de voir ce qui se passait alentour, et Aria ramena le dernier drone près de l’entrée. Dans le cas où ils s’approcheraient, elle le ferait sauter. Au bout de quelques minutes, ils purent entendre, par le biais du drone, une voix dans un parlophone.

— Rendez-vous, vous êtes totalement encerclés. Sortez du bâtiment, les mains sur la tête. Vous avez cinq minutes.

La nervosité de Genghis montait en intensité, des perles de sueurs commençaient à pointer sur son front.

— Dépêche-toi, mec ! Je veux vraiment pas qu’ils me retrouvent, ces connards. Dis-moi, tu trouves quelque chose, bordel, mais dis quelque chose !

Orbo était toujours concentré sur cette porte. Au bout d’une minute qui sembla une éternité à Genghis, il ouvrit les yeux.

— C’est électronique. C’est encore fonctionnel. Je crois que je peux activer le mécanisme. Mais Genghis, je vais avoir besoin de toi. Cette porte à une épaisseur d’environ 50 centimètres, il faudra que tu aides avec ta télékinésie pour pouvoir faire une ouverture. Par contre, ça me prendra un peu de temps et de concentration pour activer le mécanisme, alors tiens-toi tranquille quelques minutes.

— Pas de problème, mec, je suis ton homme.

Orbo se pencha une seconde fois sur le mécanisme de cette porte, toujours aussi concentré, les mains plaquées sur celle-ci. Thomas se demandait ce qu’il pouvait bien faire. Cela devait certainement être son « pouvoir », comme lui avait expliqué Aria quelques instants plus tôt. Mais le temps jouait contre eux, et à nouveau, cette voix se fit entendre.

-Il vous reste trois minutes. Rendez-vous sans faire d’histoire et tout se passera bien.

Thomas savait bien que cette dernière phrase n’étaient que paroles en l’air. Lui qui l’avait dite si souvent par le passé. Les corporations ne laissaient aucune trace des personnes qui osaient les braver. Il avait entendu des rumeurs de personnes non abattues, mais personne ne savait ce qu’elles étaient devenues. Selon lui, il valait mieux pas savoir.

— Deux minutes.

Genghis commença de nouveau à s’impatienter, la tension et la peur s’affichaient sur son visage. C’était étonnant, pour Thomas, de voir cette grosse brute paniquer de la sorte. Il semblait pourtant rompu à la baston, mais cette escouade, le fait d’être capturé semblait vraiment le perturber. Orbo continuait à remuer sa tête qui semblait chercher ce mécanisme, lorsque soudain, il s’exclama

-C’est bon, à toi de jouer Genghis !

Genghis ne se fit pas prier et commença lui aussi à se concentrer. La porte commença à émettre un léger mouvement, mais ne bougea que de quelques millimètres.

-Une minute ! Dernière sommation ! Sortez du bâtiment, les mains sur la tête !

Cette immense porte blindée bougeait lentement, vraiment lentement. Orbo, comme pour aider Genghis, trouva une petite prise et se mis à tirer aussi. Dehors, les hommes se rapprochaient. La minute restante s’était écoulée, mais plus aucune annonce ne s’était faite entendre. Lorsque la première escouade arriva à hauteur de l’entrée, Aria fit exploser le drone. Ils n’avaient plus d’yeux pour surveiller leurs poursuivants.

-Thulé, fais pas le con, rejoins-nous !

Genghis et Orbo avaient suffisamment tiré pour que chacun puisse passer. Orbo fonça pour ramasser sa console bricolée, Genghis glissa sa tête de l’autre côté de la porte. Aria cria :

-Thulé, c’est bon on y va, grouille-toi.

La seule réponse qu’ils eurent fut une rafale de coup de feu. Aria mis un genou à terre, les larmes lui montèrent au visage. Thomas l’agrippa

— Thulé est tombé.
— On a pas le temps, Aria, il faut y aller. Ton copain doit être mort à l’heure qu’il est. Par contre, nous, il nous reste encore une chance.

Il prit Aria, qui pleurait toutes les larmes de son corps, et la tira vers la porte. Une fois tout le monde passé, Genghis et Orbo tirèrent de toutes leur force et parvinrent à condamner de nouveau cette porte. Ils étaient maintenant dans le noir absolu.

 

Cette histoire est la septième partie de L’affaire Thomas J, petite nouvelle dans l’univers 2042. Ce blog est à prix libre, car pour pouvoir continuer à écrire, j’ai besoin de votre soutien. Découvrez comment me soutenir selon votre choix!

Image de Andrew Kuznetsov sous licence CC BY

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