L’Affaire Thomas J – 8

Ce billet est la partie 8 sur 32 de la série L'affaire Thomas J.

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Comme expliqué dans le billet précédent, la fermeture de cette grande porte, lors du dernier épisode, clôture le premier chapitre de cette aventure. Nous voici donc avec un nouveau chapitre qui commence. Par contre, je vous préviens juste, cet épisode-ci ainsi que le suivant, seront nettement plus sombre! Voici donc le nouveau chapitre, intitulé dans les ténèbres. Et n’oubliez pas, il est possible d’avoir le prochain épisode une semaine plus tôt! (voir de nouveau le billet précédent) Bonne lecture à tous!

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Ils ne voyaient plus rien. L’obscurité était totale, pesante, et leur donnait à tous une impression d’écrasement. Elle s’immisçait partout, comme si elle voulait rentrer en eux, s’incruster par tous les pores et orifices. Mais ce n’était pas tout. L’odeur qui accompagnait cette obscurité était immonde, dégageant un mélange de renfermé, de moisissure et poussières. Personne ne se sentait à l’aise dans cet endroit, même Thomas, qui avait pourtant l’habitude d’être dans toute situation inconfortable ou de stress.

Frénétiquement, Genghis cherchait sa lampe torche. Il ne voulait pas rester une minute de plus dans ce noir complet qui commençait à lui faire quelque peu peur. Mais, pire que tout, ils se rendirent compte que cette obscurité amenuisait les sons. Bien qu’ils soient tous proches l’un de l’autre, ils s’entendaient à peine. Et cela les rendait de plus en plus en nerveux, ils comprenaient que cet endroit dans lequel ils s’étaient embarqués renfermait quelque chose qui dépassait leur compréhension.

Le Ouf triomphal de Genghis, lorsqu’il trouva la lampe, ne parut que comme un murmure pour Thomas. Mais il déchanta vite : alors que cette lampe torche éclairait facilement à une dizaine de mètres, la visibilité, dans ce lieu, n’était que deux ou trois mètres. Mais au moins, grâce à cet objet, ils savaient voir où ils mettaient les pieds. Ils étaient dans un long couloir tout bétonné, les murs par endroits, couverts de moisissure et d’autres substances inconnues, et avec ce petit ersatz de lumière, se rendirent compte que certaines tâches sur le mur étaient phosphorescentes, dégageant une sorte de couleur verte spectrale.

Leur avancée dans ce mystérieux souterrain était pénible. Ils n’étaient pas à l’aise, s’arrêtant au moindre bruit qui leur semblait suspect, et inspectaient n’importe quel trou ou fissure, comme s’ils s’attendaient à en voir surgir quelque menace. Mais surtout ils avançaient à tâtons, ne voyant presque rien, et souvent se cognaient les uns les autres avec cette visibilité presque nulle. Au bout de ce que Thomas estima être une bonne heure, le béton fit place à de grosses pierres faisant office de mur, du même genre et taille que les pierres constituant les grandes pyramides d’antan. Mais à un moment, ces grandes pierres devenaient plafonnées, et d’étranges symboles ornaient les murs. Certains étaient parfaitement reconnaissables, la mystérieuse mousse verte phosphorescente étant moins présente sur ce type de surface.

— J’ai déjà vu ce genre de pictogrammes. C’était lors de mon service en Orient. On devait sécuriser un site pour que des gros pontes des laboratoires de diverses corporations viennent inspecter tout cela.

Aria s’arrêta net, et se tourna vers Thomas.

— Qu’est-ce que tu dis ?

— Oui, j’ai déjà vu ce genre de dessins. Lors d’une opération, on a du, mon équipe et moi, sécuriser un site avec de tels pictogrammes. Il y avait comme des crocodiles qui tenaient debout sur les dessins, et qui étaient vénérés comme des dieux par les humains. C’était aussi dans des grands corridors, mais personne, hormis, les gros pontes, n’était autorisé à inspecter les dernières salles. On ne pouvait parler aux chercheurs qui étaient sur place, mais un soir, un de ceux-ci avait un peu abusé de la picole et nous avait dit que c’était des traces d’une très vieille civilisation, du temps de Babylone ou quelque chose du genre. Mais il ne nous en a pas dit plus, car il s’est rapidement fait rappeler à l’ordre par un de ses collègues. En tout cas, c’est bien étrange de trouver ce genre de dessins ici, à des milliers de kilomètres d’où je les ai vus.

Ils reprirent la marche, ne pouvant de toute façon plus faire demi-tour, avec leurs poursuivants qui les attendaient peut-être de l’autre côté de cette fameuse porte qu’ils avaient passé quelques instants plus tôt. Mais au fur de leur avancée, l’atmosphère devenait plus oppressante, l’obscurité semblait s’épaissir et la torche éclairait de moins en moins les alentours. Le petit groupe avait du mal à garder son calme. De temps à autres, ils entendaient des sifflements, et d’autres petits bruits inquiétants. Mais l’odeur changeait, elle aussi. Au plus ils avançaient, au plus cette odeur de pourriture devenait de plus en plus forte, à tel point qu’ils durent se couvrir le visage pour éviter des haut-le cœur constants. À cette agression olfactive nauséabonde s’était en plus rajouté une funeste fragrance : celle du sang. L’odeur était tellement forte que le sang a dû couler à profusion dans ces tunnels, et en regardant le sol, les quatre compères constatèrent que celui-ci était totalement pourpre, et à un moment, ils remarquèrent tous que le sol devenait visqueux, que ce liquide pourpre n’était point séché et stagnait sur le sol.

Orbo et Aria ne purent s’empêcher de vomir. C’en était trop pour eux, il fallait absolument qu’ils sortent de ce tunnel. Tous se sentaient de plus en plus opprimés par cette atmosphère étouffante, et sentaient leur volonté faiblir au fur et à mesure qu’ils progressaient. Mais c’était continuer ou mourir, et c’est avec de plus en plus de difficultés qu’ils avançaient dans ce tunnel. Au bout d’encore une bonne demi-heure de marche, ils arrivèrent dans une immense salle.

Le sol était encore plus visqueux, l’odeur de sang y était plus forte que tout, tout comme ces ténèbres épaisses étaient plus vivantes que jamais, collant à la peau, s’insinuant entre le tissu et le corps. La torche n’arrivait pas à éclairer à plus d’un mètre. Ils essayèrent néanmoins de se faire une idée de la taille de cette salle en longeant les murs. Ils comprirent que 4 couloirs menaient à cette salle, chaque côté de cette cathédrale souterraine disposant de son propre accès. Ils décidèrent ensuite d’atteindre le centre de la pièce, lorsque Genghis, en tête, heurta quelque chose. Une sorte de colonne de pierre se dressait devant lui, et n’ayant pas fait attention, balayant l’ensemble de la pièce avec sa lampe, se l’était pris en pleine figure.

Après avoir contourné cet obstacle inattendu, ils se rendirent compte que le sol était complètement recouvert de sang encore frais, et chaque pas émettait ce petit bruit si connu lorsqu’on marchait sur un sol trempé. Mais l’horreur arriva à son paroxysme lorsqu’ils arrivèrent au centre de la pièce. Une sorte de sarcophage y trônait, mais contrairement à un cercueil ou tout autre coffre funéraire, il était ouvert. Ce qu’ils découvrirent les horrifia.

Une forme humanoïde y reposait, mais seule la forme de l’être qui était allongé pouvait s’apparenter à un humain. C’était une sorte de reptile, vêtue d’une grande robe noire tachetée de sang y était allongée. Sa peau était recouverte d’écailles, ses mains, si on peut les appeler comme tel, jointe sur son torse. Aucune trace de décomposition n’était apparente sur le corps. Personne dans le groupe n’avait vu chose pareille, mais cet être leur inspirait crainte et peur, et durent lutter pour ne pas s’enfuir en criant. Thomas s’approcha et constata qu’un léger souffle, bien froid, sortait des narines de cet être effrayant. Genghis ne peut s’empêcher de s’exclamer :

— Mais qu’est ce que…

C’étaient les mots de trop, ceux qu’il n’aurait jamais dû prononcer. La créature ouvrit les yeux.

 

Cette histoire est la cinquième partie de L’affaire Thomas J, petite nouvelle dans l’univers 2042. Ce blog est à prix libre, car pour pouvoir continuer à écrire, j’ai besoin de votre soutien. Découvrez comment me soutenir selon votre choix!

Image de Thomas Guignard sous licence CC BY-NC-SA

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